Géraldine

Internetement parlant
Bientôt 25 ans. Je m’appelle Géraldine, et je suis ce qu’on appelle couramment une future journaliste. Voilà, ça c’est fait. On peut me cataloguer comme étant une « internet-addicted ». Mais pas n’importe quelle droguée du net. Deux usages principaux : les informations et la communication.
Ma pratique d’internet quotidienne est assez récente. Depuis 3 ans environ. Suffisamment ancienne pour que cette relation fonctionne comme un vieux couple : des hauts, des bas, des prises de tête, de grandes satisfactions et… des habitudes ! (seuls ceux ayant vécu en couple un certain temps peuvent comprendre la métaphore).
Je suis étudiante en journalisme, donc par la force des choses je m’intéresse à l’information en général. Ma page d’accueil internet est celle du Monde. Pour les habitudes, dès le matin, je fais un tour sur les sites des principaux journaux nationaux quotidiens : Libé, Le Figaro, La Croix, moins souvent que pour les trois autres, mais de plus en plus souvent quand même !
Une fois ou deux dans la semaine je vais voir l’Express en ligne et les journaux internationaux. J’ai une tendance hispanophone donc je suis plutôt « Clarin », et « El Pais » que « The International Tribune ». Mon meilleur ennemi est Google. Quand on a besoin de lui il est toujours là, certes, mais il ne rend pas forcément le service attendu. Je me suis déjà arrachée des cheveux. Mais depuis j’ai renoué des liens avec mon dictionnaire et ma calvitie est en voie de disparition.
Je consulte mes mails plusieurs fois par jour. Quatre boîtes. Une pour les amis, une pour tout ce qui est professionnel, une pour les publicités, et une… de trop. Le grand avantage d’internet pour moi est de pouvoir rester en relation avec les personnes qui me sont chères, mais qui sont loin. Trop loin en tout cas, pour pouvoir discuter et rire avec elles aussi souvent que je le fais par l’intermédiaire de MSN ou Skype. Voir les enfants grandir, compenser un manque entre deux entrevues réelles… On y prend goût très rapidement.
Equipée depuis peu d’une web cam et d’un casque micro, j’oscille entre me dire que c’est trop, et me dire que je vis avec mon temps. Je me sens à la fois téléopératrice, standardiste et webcaméragénique, choses qui ne me seraient jamais arrivées sans l’existence d’internet. Ma vie, mon œuvre, tout vous passionne chez moi j’en suis sûre… Vous me voyez venir là non ? Et bien voilà : www.blogeraldine-mavie-monoeuvre.fr . Pas encore créé, mais j’y pense sérieusement, ça me semble être l’internet qu’il manque à ma vie…


Martin

Martin Mosnier, 22 ans, étudiant en journalisme

Martin utilise Internet depuis sept ou huit ans et il a vu de près l’évolution de ce média et des pratiques qui lui sont liées. Les choses vont vite sur le Web, parfois trop vite même. « Je me sens complètement largué en ce qui concerne les blogs, les forums, les communautés virtuelles ». Car ce jeune homme de 22 ans privilégie davantage l’aspect pratique de la toile plutôt que son caractère divertissant. En bon futur journaliste, il ne manque pas de se tenir informé de l’actualité à travers les sites Web des journaux nationaux. Sans manquer de faire la part belle à sa plus grande passion, le sport, assouvie largement au gré de consultations quasiment frénétiques de l’Equipe.fr ou d’un site dédié à l’AS St Etienne, son club de toujours, inlassablement présent dans son esprit.
Il fut un temps pas si lointain où Martin passait des heures pleines à converser avec l’élue de son cœur sur MSN. Le Stéphanois a baissé le rythme mais considère toujours cette messagerie instantanée comme un élément prédominant de sa vie d’internaute, au même titre que la consultation régulière de ses mails, sans laquelle il ne manque pas de « péter un plomb ».
Cette dépendance à l’Internet, Martin la ressent également dans la profession de journaliste qu’il s’apprête à embrasser, bien conscient des avantages fondamentaux que l’on peut retirer de cet outil. « Je ne sais pas comment ils faisaient avant, sans cet espace d’échange d’information et d’interaction intergénérationnelle ». Il aime le bon mot, la belle formule et est également très attaché au format papier dans le journalisme. « Je trouve ça plus noble. Sur le Net c’est souvent une information plutôt au rabais, dans des formats qui ne sont pas souvent cohérents et agréables ».
Comme beaucoup de jeunes de sa génération, le téléchargement est très présent dans son esprit même s’il concède avoir levé le pied ces derniers temps. « Je télécharge depuis longtemps et je n’ai jamais eu de problèmes. Selon moi, les menaces sont trop abstraites pour réellement dissuader». Martin est beau joueur : il achète tout de même régulièrement des DVD.

Anne-Elisabeth, Tiphaine et Noémie

Tiphaine, Noémie et Anne-Elisabeth, portrait croisé de trois futures journalistes

Internet, est-ce qu’on baigne dedans depuis longtemps ? Pas vraiment. On s’y est même mis plutôt tard. Première boîte mail pour Noémie à l’âge de 18 ans, idem pour Tiphaine, et pire, 19 ans pour Anne-Elisabeth. Bref, nous n’avons pas grandi une souris dans la main, comme c’est le cas de nos neveux aujourd’hui. Restées fidèles à nos chères boîtes mail, nous n’avons pas opté pour les tchats sur les forums de discussions ni même avec nos amis sur les blogs. Mais si parfois on se sent un peu « has been » à côté des petits jeunes, nous avons acquis des habitudes et même plus, des réflexes. Finies les recherches sur les cartes Michelin, les annuaires téléphoniques et les encyclopédies pour nos exposés. Besoin d’un renseignement ? Aujourd’hui, solution de facilité oblige, on cherche sur Google et c’est bouclé ! Ni outil de socialisation, encore moins de divertissement, Internet reste pour nous un outil de travail dont on aurait du mal à se passer.
Vieux jeu les filles ? Pas exactement. Internet, c’est aussi un merveilleux instrument pour voyager. Du survol de la grande muraille aux gratte-ciel de New-York, Google earth, c’est parfait pour découvrir le monde, au moins virtuellement. Noémie rêve d’aller habiter en Nouvelle-Zelande. Conseils, renseignements ou encore photos, Internet reste une mine d’or pour bien préparer ses voyages. N’oublions pas les Webcam, indispensables pour Anne-Elisabeth qui vérifie via le web l’état d’enneigement des stations avant de chausser les skis. Quant à Tiphaine, elle écoute tous les samedis la rediffusion de l’émission Microcité sur le site de Radio Campus Grenoble. Enfin dans les prochains mois, Internet va devenir de plus en plus indispensable pour dénicher la perle rare : une offre d’emploi !

David 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. L'ordinateur de David, 24 ans, tourne à plein régime, connecté sans relâche sur le Web. Un véritable mode de vie pour ce mordu de la Toile.
Il y a 8 ans, découverte de l'outil. Chats, forums, mails en guise d'initiation. Aujourd'hui, ce sont des heures par jour passées sur le Net et une véritable addiction qu'il a développée. Premier réflexe dès le lever : nba.com. "C'est maladif, je ne peux pas imaginer passer une journée sans internet." Quand certains allumeraient la radio, lui c'est devant son écran qu'il se colle et pour quelques heures. Il oscille entre divertissement et information, passe de lemonde.fr à abruti.com, avec un mot d'ordre, la rapidité, façon zapping du Web. Quand d’autres sortent faire leurs emplettes, lui, c’est de chez lui qu’il garnit sa garde robe.
En master de journalisme, Internet est avant tout pour lui une source précieuse d'informations. Une mine d'or qu'il sait exploiter au mieux. Pas seulement avec les paris sportifs qu'il pratiquait assidûment, mais surtout en infiltrant le système et en faisant de son monde virtuel, un source de revenus bien réelle.
David travaille depuis deux ans pour le site de l'instance européenne de football : uefa.com. Les soirs de League des Champions, ils commentent des matchs en direct et corrigent des articles pour le site qui le rémunère grassement. Assis sur son canapé, il communique avec des journalistes des quatre coins de l'Europe et participe au flux d'information. Il est donc à la fois producteur et consommateur sur le Web. Et l'apprenti journaliste y a pris goût puisque c'est sur le net qu'il aimerait faire carrière : "C'est un instrument fiable, bien organisé, rapide et où il y a une véritable convergence des médias. L'avenir du journalisme se fera sur le Web et je compte bien y participer."

Cécile

Ma journée sur le net
J’ai 23 ans. Etudiante en deuxième année de master journalisme à Echirolles, près de Grenoble, je fais partie de l’équipe qui couvre ces rencontres Internet. Quand, comment et pourquoi est-ce que je vais sur le web? En voici un aperçu avec ma journée-type.

9 heures. Arrivée à mon école, l’Institut de la Communication et des Médias. Si j’ai le temps, je regarde mes mails avant le début des cours. Mais la ponctualité n’étant pas ma meilleure amie, je dois le plus souvent attendre la pause aller sur internet.
12h30. Je mange en vitesse avant de retourner devant mon écran d’ordinateur pour faire un petit tour sur les sites d’information en continu. Journalisme, quand tu nous tiens…
14 heures. Le Dauphiné Libéré, journal pour lequel je suis correspondante à Grenoble m’appelle pour savoir si je peux couvrir un spectacle le lendemain. Je fonce sur le web pour trouver le numéro de la salle, prévenir de ma présence et chercher un itinéraire sur Mappy ou Viamichelin.
15 heures. Pour un article à écrire et un exposé à faire, je me documente sur internet, précieux outil de travail. Google, wikipédia, sites des journaux, des pages jaunes… Le web n’est pas indispensable, mais permet de travailler plus vite. J’aurai bien du mal à m’en passer…
16 heures. C’est l’heure d’une petite pause dans mon travail. J’en profite pour surfer sur les sites commerciaux. C’est bientôt l’anniversaire d’un ami, je vais voir s’il n’y aurait pas un dvd qui peut lui plaire. Je compare les prix, puis me demande si je vais l’acheter sur le web ou « en vrai ». Pas le temps de passer à la Fnac, ce sera via internet. Mais ai-je assez d’argent ? Je vérifie l’état de mon compte bancaire en ligne. J’ai reçu ma paye de correspondante, tout va bien, je peux commander.
18 heures. Le magasin dans lequel j’avais repéré des bottes me rappelle : il n’ont pas ma taille. La faute à « pas de chance » ou à mes pieds trop grands (pointure 40) ? Peut-être que je peux retrouver le modèle sur le net… Ca y est ! En plus, les frais de port sont gratuits. Aujourd’hui ma carte bleue a bien chauffé ! Pourtant je n’ai pas mis les pieds hors de l’école…
19 heures. Enfin chez moi. Après une courte déconnexion le temps d’arriver en bus et de m’affaler sur le canapé, j’allume mon ordinateur portable. L’occasion de retourner voir mes mails, envoyer un article au Dauphiné via le site portail des correspondants et de jeter un coup d’oeil au programme télé de ce soir.
20 heures. Il serait peut-être temps de manger… Marre des pâtes (chez moi c’est rare, je suis d’origine italienne…), ou manque d’inspiration, je vais faire un tour sur Marmiton.org. J’y trouve des recettes de cuisine mais surtout un moteur de recherche qui me propose quoi faire selon les ingrédients dont je dispose. C’est pratique pour ne pas jeter les restes et je déteste le gaspillage.
23h30. Je me rappelle que je dois confirmer un rendez-vous pour le lendemain avec une copine. Je m’apprête à l’appeler avec mon téléphone portable, car je sais qu‘à cette heure-là elle ne dors pas. Mais me reste-t-il du forfait ? Après avoir vu ma consommation en cours sur le site de mon opérateur je me dis qu’envoyer un mail sera aussi bien. Il me reste 10 minutes de communication pour 9 jours... Puisque l’ordinateur est allumé, j’en profite pour envoyer d’autres mails.
23h45. Je suis dans mon lit, le portable sur les genoux. Mon copain commence à râler : « Il n’est pas un peu tard pour aller sur Internet ? »