Je débarque ce matin à 9H30. Panique à bord : où est mon badge ? où vais-je déjeuner à midi ? où est la salle de conférences ? où est Bruno Oudet, chef d'orchestre de la manifestation ? je dois intervenir : mais à quelle heure ? où ? avec qui ? où sont les questionnaires que je suis sensée administrer pour réaliser une étude sur les représentations des jeunes ici présents ? Je demande à gauche, à droite, tout le monde à l'air à l'aise dans la cacophonie ambiante. Je commence par me poser dans la salle de conférence et écouter. Je suis ébahie par des jeunes canadiens qui racontent leurs usages des blogs à l'école. Ils sont déconcertants par leur assurance : drôles, pertinents, étonnants. Ils me donnent plein d'idées. L'ambiance est détendue, j'écoute, je prends un café, j'écoute une autre communication, de très bonne qualité aussi, puis une autre... A midi, j'ai compris qu'ici, tout s'improvise : l'organisation au fil de l'eau, ça marche, parce que ça fait plus de 10 ans qu'onréinvente le concept d'organisation aux rencontres d'autrans. Le chef d'orchestre anime, gère les couacs, renseigne les passants, répond aux journalistes, rassure les intervenants, indique les toilettes, anticipe sur la prochaine intervention, coordonne ses équipes. Bref, il est multitâches même si le disque dur peine parfois. Il est bien entouré. Ici, tout le monde est responsable, autonome et gère sa mission. Les rencontres d'Autrans sont à l'image d'Internet : éclectiques, plurisdisciplinaires, temps réel... les échanges sont instantanés et riches, les rencontres multiples, plusieurs fenêtres sont ouvertes en même temps, on peut zapper d'une activité à l'autre, téléphoner, pianoter sur son ordi, rentrer, sortir, écrire, discuter, essayer, tester, comprendre, étudier, prendre le soleil, se connecter... Je reviendrais !