Beaucoup de mythes circulent autour des jeux vidéo. Pour certains, ils coupent le jeune de la société, pour d’autres ils favorisent la violence des sujets. Autant de préjugés à démonter. « C’est trop facile de dire que les jeux violents sont la cause des comportements déviants des jeunes. Trop souvent, on fait des jeux des boucs émissaires » explique Thomas Gaon, psychologue. Pas de chiffre, aucune étude quantitative, difficile de déterminer quelle proportion de la population souffre de dépendance.
On sait tout du moins que les 15-25 ans sont plus susceptibles d’être accrocs aux jeux multi-joueurs, genre World of Warcraft. « Cela s’explique par le fait que ce jeu donne un sentiment de puissance, d’autonomie. C’est une sorte de refuge, de paradis, car dans ce monde, aucune injustice ni représaille, au contraire, les joueurs sont récompensés ! World of Warcraft repose sur un imaginaire et des fantasmes que développe en particulier l’adolescent. »

Et si la dépendance aux jeux vidéos touche plus particulièrement les jeunes, c’est en raison des failles qu’ils peuvent présenter à un certain moment de leur vie. Pour Thomas Gaon, tout est question de personnalité: « pour devenir dépendant, il faut présenter une faille, comme une personnalité instable, un problème d’estime de soi, de manque d’assurance et de dépendance ».
Et lorsque le jeu prend le pas sur le reste, une intervention extérieure pourra permettre au jeune de décrocher : « la famille intervient souvent, explique Thomas Gaon. L’objectif est que le jeune ne trouve plus une solution à ses problèmes dans le jeu, mais qu’au contraire, il exprime clairement ses problèmes ». Avis aux parents, rien ne sert de résilier la ligne internet, mieux vaut privilégier la crise d’adolescence.

Anne-Elisabeth