« Impossible à dire », répond Thierry Ménissier, spécialiste de philosophie politique.

C'est en effet une question complexe à laquelle on ne peut répondre affirmativement ni négativement. Théoriquement, selon le principe même de la démocratie, nul ne peut dénigrer un contrepouvoir. Le désordre est créateur, il garantit les libertés. De ce fait, il n'est a priori pas possible d'instaurer des règles sur Wikileaks. Cependant, des images choquantes laissées à la portée de tous peuvent produire des effets imprévisibles. C’est le côté obscur de la liberté... Les enregistreurs personnels, notamment les téléphones portables, participent à la constitution critique du « Cinquième Pouvoir » que représente l'Internet. Celui-ci, contrôlé par la société, est ainsi sauvage comme la démocratie. Mais la question est de savoir : quelle démocratie voulons-nous ?

C.H.